Le blog de Carlo de Pascale

(Non) Jef (T'es pas tout seul) - Restaurant quartier Sablon - Bruxelles

jef.JPG Vous connaissez la chanson? Non Jef t'es pas tout seul et faut arrêter de pleurer parce que tu vas en mettre partout, et une blonde de perdue, dix de retrouvées, ou quelque chose comme ça, je ne me souviens plus bien.

Bref, ne dites pas "à Jef" ou "chez Jef" car c'est Jef tout court, le patron, chef, ne s'appelle pas Jef (mais vous pouvez l'appeler chef) mais bien Michel Debaets, mais il est fan du grand Jacques.

Alors, Jef avec ou sans goût? Avec! (avec la Merrrrrrrrrrrr du Norrrrrrrrrrd, mais non, rien à voir).

Avec du goût, et surtout, avec une réelle intention. Ce resto de poche du fin fond de la rue Haute (côté Bowling pour les bruxellois) n'a pas fait beaucoup parler de lui depuis son installation il y a plus d'un an, ni communiqués de presse, ni même soirée bloggeurs spécial "je copie-colle le communiqué de presse", rien de tout l'attirail marketing habituel de la néo-adresse tendance, juste du savoir-faire (on va en parler) et pas beaucoup de faire savoir.

Jef, donc, enfin, Michel, c'est un chef qui a travaillé dans de belles grandes maisons et qui a jeté l'ancre il y a peu pour faire la cuisine qu'il aime, simple, nette sans fioritures ni sauces, juste le goût des choses bien sublimées par des justes cuissons et des assaisonnements bien calibrés (dans une chronique de resto faut toujours balancer les justes cuissons et le verbe "sublimer", c'est le BAba - au rhum- du genre).

De fait, c'est sobre, c'est tendu même, comme disent les oenolgues qui écrivent, c'est même presque minimaliste et forcément ça ne plaira pas à tout le monde, notamment à ceux qui aiment encore assez bien de la sauce ou du jus de cuisson avec la viande et de la mayonnaise avec les crevettes. Je précise pour le lecteur averti qui en a deux (ou la lectrice) que je me range plutôt dans cette catégorie d'habitude.

Bien, soit, et in concreto, quid?

Une petite salade de crevettes et pommes de terre de Noirmoutier, avec juste comme un petit coulis de quelque chose et un fenouil confit délicieusement assaisonné (avec une pointe d'acidité, comme dirait une chroniqueuse rousse de mes amies; enfin, amie, surtout quand elle ne me bashe pas dans son canard, mais je m'égare), laquelle salade de crevettes était vraiment réjouissante de simplicité, suivie pour mon ami Enrico d'un onglet de veau, et pour moi, d'une entrecôte fumée puis cuite genre à l'unilatérale, avec tout plein de légumes, justement pas hyper croquants, justement juste cuits comme il faut et des patates (encore!) juste rôties.

Et vous savez quoi? Moi qui je ne prends jamais de dessert dans les bistrots gourmands, j'avais de la place et ce fut un assemblage de fruits rouges avec une tuile et juste un peu de crème, là aussi, précis, droit, juste et bon, oui cela est juste et bon, ramen.

Et du coté des flacons? Une carte bien balancée qui fait la part belle aux classiques bordelais sans oublier quelques bouteilles du nouveau monde..... Mais nooooon, Just kidding!

Que du nature, mais du nature bien élevé, qui ne sent ni la souris ni le purin, ce fut pour Enrico et moi un Beaujolais de Marie Lapierre, et même qu'après le dîner , le chef, pas le Jef, nous a fait goûter un chardonnay jurassien à tomber raide d'amour pour le genre humain, tout le genre humain, y compris le dentiste tortionnaire de lions.

Jef, donc, si vous ne craignez pas une assiette bien droite, bien épurée dans sa simplicité de cuisine de bistrot gourmande épurée, bref, si vous n'avez rien compris à cette dernière phrase, allez-y, qui plus est, Michel "Jef" Debaets sait ce rendre attachant en moins de 15 secondes!

Jef Restaurant

Rue Haute 20

1000 Bruxelles

Retour