Le blog de Carlo de Pascale

Mes restaurants 2016 qui m'ont (bien) tenu par l'appétit (et les papilles ça va sans dire, mais ça va mieux en le disant)

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ne liste non exhaustive de restaurants fréquentés en Belgique en cette année 2016, truffée d’alzheimer (donc d’oublis) forcément subjective  et  qui n’obéit pas à la règle des dix meilleurs, vu que ça ne veut rien dire les dix meilleurs. On pourra aussi observer ou reprocher la bruxello-ixello-centralité de la liste, j'ai choisi de ne pas mettre ici de restos fréquentés à l'étranger et j'aime manger près de chez moi.

Il y a là dedans des restaurants où je n’étais pas allé depuis mille ans, et d’autres que je fréquente assidûment et qui restent à la fois « top of list » et top of mind ». Il s’agit, tous, de restaurants qui agissent directement sur mon appétit, qui excitent mon envie d’y retourner. J’ai très bien mangé dans moult autres adresses, j’en fréquente assidûment d’autres qui ne sont pas dans cette liste, j’ai décidé d’arrêter à 17, parce que, c’est deux fois huit plus un.

On ne sait jamais, des fois que ça intéresse des gens, et sinon c’est pas grave, car le simple fait de me repasser les photos de ces excellents moments pour ma bouche mon nez et parfois autre chose, m’a déjà à moi, fait passer un bon moment et m’a rappelé pourquoi je n’allais jamais pouvoir m’offrir une Rolex (je m’en fous j’ai passé  cinquante ans et le speedmaster de mes 26 ans est toujours au top) .

J’ai choisi d’associer un lieu avec un plat, donc pour entrer dans la liste, fallait –entre autres - déjà que je me souvienne d’au moins un plat dans le restaurant en question, si je ne me souviens pas d’au moins un plat, alors je ne coupdecoeurise pas, mais il y a quand même deux exceptions où j’ai  kiffé le menu, voire l’expérience globale sur plusieurs repas.

Le classement  est dans le désordre, merci pour votre bonne attention.

  1. Osteria Bolognese.

Rue de la Paix, 49, 1050  Ixelles. Parce que je ne me lasse pas de leur « tagliere » de charcutailles avec les « crescentine », que je tartine de mousse de mortadelle et de pesto modenese. Les plats – après l’antipasto - sont simples, voire minimalistes ? Les pâtes fraîches sont importées ?  Peut-être, mais  cela va où ça doit aller. Et la photo d’Alberto est sur le mur du comptoir avec les autres ancêtres du CCN pour l’éternité.  Une seule requête, Giacomo,  ne restez plus jamais à court d’ « Amaro del Capo » Per favore !.

  1. Yi Chan

Rue Jules Van Praet, 13, 1000 Bruxelles. Neo-chinese (+ cocktails, why not ?) finalement. Oui, finalement un renouveau dans la cuisine chinoise à Bruxelles.J’y suis retourné pour le cocktail Penicilin smokey… ?  Je ne sais plus,  wathever, même si une fois sur deux le smoking gun n’était pas là pour fumer encore plus le bazar. Cette alliance de fumée et de whisky tourbé c’est juste magique.  Et aussi,  j’y retourne encore et encore pour le dim sum farci au bouillon. Mode d’emploi : tu mets le dim sum dans ta cuiller tu perces pour libérer le bouillon, tu slurpes le bouillon, tu gobes le dim sum, argh.

  1. Little Paris

Chaussée de Bruxelles, 89, 1410 Waterloo. Mon bistrot gourmand préféré du moment. Pour tout, pour toutes les assiettes, pour Arold, l’homme qui sourit à la vie et Stefano et son troisième degré sous le bras.  Une joie de tous les moments à chaque fois. Un oscar particulier pour la croquette de pieds de cochon. J’aurais bien sucé les orteils de cet ongulé toute la nuit.

  1. Bozar Brasserie

Rue Baron Horta, 3, 1000 Bruxelles. Maintenant qu’il est étoilé, il a plein de nouveau amis. J’ai tout aimé, j’y ai souvent trop mangé. J’ai domestiqué le chef Karen Torosyan (pas plus d’une petite entrée, sinon je décède) et  j’ai apprivoisé la découpe du Pithiviers pour ne pas qu’un tel travail s’effondre au bout de deux coups de fourchette. Je suis persuadé que l’on fera de plus en plus, depuis la France,  et même depuis  le monde entier, le voyage vers Bozar Brasserie, pour rencontrer cette gastronomie qui met les connaissances d’aujourd’hui au service des classiques anciens. Un tel artisanat est juste totalement unique chez nous.

  1. Bon-Bon

Avenue de Tervueren , 453, 1150; Woluwé-Saint-Pierre. Je ne fréquente pas assez les très grandes maisons pour me permettre de dire kicéki kè le meilleur. Je m’en fous, de fait. Mais, après deux années sans croiser la cuisine de Christophe, je me suis pris la claque sur son menu –j’étais invité pour l’occasion par le chef, je précise – pour le menu, donc, intitulé « Kiekefretters ». Ici pas de coup de cœur sur un plat, mais bien sur l’ensemble du menu, une véritable création artistique et gourmande de dix services tout autour du « coucou de Malines ». Et la joie de retrouver cette manière si particulière au chef Hardiquest de pratiquer l’intensité gustative. Mon meilleur repas 2016 (on avait dit pas de meilleur, tant pis)

  1. Umamido Bailli.

Rue du Bailli, 14, 1000 Bruxelles. Depuis qu’il y a un Umamido plus grand rue du Bailli, j’y retourne, celui de Flagey étant tellement petit que la probabilité de trouver une place est juste proche de zéro. J’y vais souvent et surtout  pour le « special » avec des gros morceaux de lard fondant. Soul-comfort-essential food

  1. Les Caves d’Alex.

Rue Caroly, 37, 1050, Ixelles. Il y a Alex, un homme discret, courtois. Un resto qui peu à peu à fini par remplir la salle tous les soirs, en tenant particulièrement bien la promesse initiale. De la vraie viande, cuite et reposée comme il faut, des fonds et des sauces maison. Mon meilleur moment :  une côte à l’os Rubia Gallega, prise « en direct », sans entrée pour mieux profiter, avec sauce bordelaise et des frites de compète.

  1. Racines

Chaussée d'Ixelles 353, 1050, Ixelles. Encore des gentlemen de la restauration. N’étant pas raide dingue  de poisson, je n’y vais pas si souvent, même si j’aime leur démarche et leur cuisine. En 2016 ils ont sorti une « pasta box » qui m’a d’abord fait sourire. Des pâtes et de la tomate dans une boîte, ok, d’accord, mais WTF fut la première réaction. Mais quelles pâtes! Des « pappardelle » maison au blé « Senatore Capelli ». avec une conserve de tomate qui m’a fait ressurgir l’odeur des murs de l’appartement de Rome de la Nonna. Je mange des pâtes à la tomate toutes les semaines, depuis toujours ou presque. Mais les pâtes de la « pasta box » de Racines m’ont ouvert une nouvelle fenêtre du goût !

  1. 97 Rue Piervenne

Rue Piervenne 97, 5590, Ciney. Une maison qui est un restaurant ou un restaurant dans une maison? On cherche, mais alors qu’on pouvait craindre le style table hôte, c’est un vrai resto, no doubt. On prend l'apéritif en cuisine, puis on s'installe dans la salle à manger qui est,quand même, une vraie salle de restaurant, sans l'être tout à fait.  J’y retournerai pour le solide poulet fermier en cocotte, les frites au couteau et le service au plat, comme à la maison, sauf que c’est un vrai restaurant (no doubt, bis).

  1. Comme chez soi

Place Rouppe, 23, 1000 Bruxelles. Ce monument d’histoire de la gastronomie belge – plus de soixante ans d’étoile au compteur - a fêté ses 90 ans en 2016. On s’accorde à dire que Lionel Rigolet a su insuffler son style en préservant quelques très grands classiques. En juillet 2016, j’y ai résolument dîné à la carte, et j’ai encore intact le souvenir de la « mousse de jambon Pierre Wynants ». Quoi une mousse de jambon ? Oui, tout est harmonie dans les assiettes ici, et c’est encore une de ces adresses où tu peux commander ce qu’offre la carte. J’y retournerai pour beaucoup de choses qui rendent cette endroit unique (comme la repasse, systématique) mais aussi pour cette bonne vieille mousse de jambon.

  1. Colonel

Rue Jean Stas, 24, 1060, Saint-Gilles. Un succès qui ne faiblit pas depuis son ouverture. Adresse à viande, avec un comptoir à viandes, Colonel, c’est aussi une carte de suggestions très réussies proposée par le chef Benjamin Laborie. Coup de cœur permanent sur la qualité et la cuisson des viandes, et une mention spéciale pour un plat dégusté en novembre, un morceau de bœuf un peu japonais mais d’Australie, confit de chez confit et ourlé d’un jus hyper concentré.

  1. Humus chez Hortense.

Rue de Vergnies, rue de Vergnies, 2, 1050 Ixelles. Je suis à peu près ignorant de tout en cocktails, et je me régale des cocktails de Matthieu Chaumont (qui bricole ses petites infusions dans son coin) depuis quelques années. Quand il associe ses cocktails à la gastronomie végétarienne hyper-goûteuse de Nicolas Decloedt, je capote. Mention spéciale pour un produit exceptionnel, un « brie » fermier danois ( ?) de lait de brebis (bref, tout sauf du brie, mais du lourd).

  1. Ristorante Rossi.

Standonckstraat 2, 3000 Leuven. De plus en plus, je vais dîner dehors pour un cocktail humain-manger. J’ai du mal à m’attabler si je n’ai pas envie d’embrasser le chef, non pas pour poser avec lui sur la photo, mais parce que j’aime ressentir cette vraie envie de faire plaisir à l’autre qui anime de nombreux humains-chefs, au-delà de leur légitime et combien nécessaire ambition commerciale de réussir. Felice Miluzzi est de cette trempe, et parmi nombre de plats aimés chez lui, un lapin parfaitement contemporain dans sa cuisson et passionnément italien dans ses parfums m’a fait chavirer.

  1. Brasserie de la Villa Lorraine.

Avenue du Vivier d'Oie 75, 1000 Bruxelles. J’étais resté longtemps sans y aller, et la cuisine de cette « brasserie » (on peut gloser à l’infini sur le terme, et on s’en fout) est percutante de finesse et gourmandise. Je reste assez peu fan de la moquette et des lambris – ça plait – mais cela mis à part, accueil, service, assiette et vins sont au rendez-vous pour une expérience impeccablement ciselée. Ce soir d’août, le service était calme et Antoine, l’excellent sommelier,nous a gratifié d’une dégustation de Madère qui m’a renversé. J’y retournerai, d’office, pour le ris de veau parfaitement cuit, nettoyé, saucé, que j’ai mangé ce soir là.

  1. Canterbury

Avenue de l'Hippodrome 2, 1050 Ixelles. Que vient faire cette vénérable institution bourgeoise dans cette sélection ? C’est simple, c’est une des quelques adresses bruxelloises qui tient littéralement mon appétit en otage depuis des années. Avec le coquelet, la salade de crevettes, ou, mieux, l’américain frites (avec cresson et cornichons tout près) et des flots de mayonnaise. Je ne cherche pas à avoir raison, mais je ne prends plus l’américain que là, il a trouvé ma langue depuis trop longtemps. Et ce moment, rare, précieux (et pas 100% automatique, ça dépend de l’intensité du service, si c’est très blindé, ça n’arrive pas forcément) où on te demande, alors que ton bol de frites n’est qu’au deux tiers vide : « Quelques frites chaudes ? ». Allez, un bémol, le fondu parmesan est quelconque et quoi qu’il arrive, quelle que soit la saison, avec les salades on te met de mornes tomates.

  1. Isabelle Arpin.

Je mets son nom, parce que c’est son style que je n’aime et pas forcément les restaurants dans lesquels elle officie, pour l’instant c’est au WY, but who knows ? Isabelle, c’est l’exception, car je l'aime pour le menu, avant tout. Je ne me souviens jamais précisément d’un plat dégusté chez elle, mais en revanche je me souviens de l’émotion d’un menu.  A chaque fois, ses assiettes, pleines d’ingrédients, m’interpellent, et à chaque fois ça m’uppercute. Le menu, la succession de saveurs, l’équilibre, elle maîtrise, à fond.

  1. Stéphane Chermanne

Avenue de l’Europe, 62, 6000 Charleroi. Je suis dingue de bistrots gourmands et je suis souvent déçu . Pas chez Stéphane, un hôte délicieux et qui envoie de la gourmandise au mètre. Spécial accessit à un plat hors carte, le « vitoulet » (boulette) farci au foie gras qui nous a été servi juste avant une nocturne radio, en décembre. Il nous fallait du vrai, du solide, pour affronter la nuit.  Mais quelle furieuse boulette de joie avec ce cœur de foie gras!  Rhâ lovely !

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