Le blog de Carlo de Pascale

Les Eleveurs – restaurant bien élevé – Halle, Brabant Flamand, Belgique.

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Voilà une maison qu’elle est ancienne, 120 ans au compteur, un patron, Andy De Brouwer , qui est la 4° génération de patron familial de l’institution, ancien café de village, devenu hôtel-restaurant, et ça y est, bingo, c’est arrivé à Halle aussi, au-delà du ring, à 16 km de Bruxelles et 280 de Paris, sur l’enseigne,  ya marqué « bistronomie ». 

Bistronomie, on ne sait plus que faire avec ce mot valise qu’on nous sert à toutes les sauces ;  allez, on décide qu’on s’en tape du mot, d’autant qu’on sait déjà, parce qu’on est déjà venus, que le patron il assure sa race en matière de vins, qu’il adore la découpe en salle et que le chef, Michel Borsy, ancien du Chalet de la Forêt, du Rouge Tomate et de feu l’amateuriste Gaspar (mais la cuisine était bonne) qui officie aux Eleveurs  depuis un an sait y faire quand il s’agit de gourmandise.

J’y avais mangé il ya quelques mois un plus que bon menu avec dedans du volatile tiré en vol (je n’aime pas trop la chasse mais j’aime bien quand ça tombe dans mon assiette) et là nous optons, ma commensale et moi pour la carte, parce quand même c’est trop gai de manger à la carte, que ce soit à la friterie ou dans un deux étoiles, oui, bordel, j’aime la carte, donnez moi la carte (que ça fait parfois encore plus fumer la tienne de carte, mais tant pire).

Donc, Saint-Jacques rôties pour moi (avec un beurre blanc que je terminerai à la cuiller) et excellent gratin moutardé de tête de veau pour mon amie qui aime manger qui m’accompagne. La tête de veau manque un fifrelin d’assaisonnement – on corrige avec deux grains de fleur de sel –  on poursuit  d’une volaille rôtie pour deux, pour laquelle nous prenons l’option demi-deuil avec truffe mélano glissée sous la peau. Cette option nous sera facturée 40 euros, ça douille un peu mais c’est de la vraie mélano.

La volaille vient de la Pouletterie de Lustin,  l’éleveur en vogue du moment et ça vaut toutes les volailles de Bresse et c’est local. L’autre jour que je cherchais où était Mettet, je me suis perdu à Lustin, c’est pas loin, c’est local.

La volaille arrive entière, Andy réalise des prouesses à la découpe, il faut le voir, il est plus précis qu’un chirurgien plastique, il renvoie ensuite la volaille en cuisine qui revient  sur assiette avec une très belle sauce au porto, des légumes juste cuits (mais cuits) et même quelques frites que nous n’hésiterons pas à demander en sus.

La truffe est juste présente, bien là, on ne regrette pas les 40 euroballes.

Dans les verres ? Au verre, à l’initiative d’Andy qui, sans chercher à épater avec des vins trop nature, préfère quand même en général  le bio. Avec les vins au verre, j’oublie toujours ce que j’ai bu, mais ça m’est un peu égal, vu que les accords étaient justes, notamment avec mes Saint-Jacques .

Avec la volaille, nous avons bu le vin fait « pour Andy », en Grèce, déjà bu lors d’un précédent dîner, rond et équilibré et qui se mariait très bien tant avec la sauce, la chair que les truffes qui embaumaient le volatile décédé.

Les Eleveurs, c’est une vraie maison, un vrai restaurant avec aux commandes un restaurateur et en cuisine un vrai chef.  Ici, cela transpire le métier, fait avec passion, pour le plaisir du client qui aime manger et boire.

 

Les Eleveurs.

Suikerkaai 1A

1500 Halle

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