Le blog de Carlo de Pascale

La guerre du foie n'aura pas lieu.

Foie Gras Grille.jpg Bon, chaque année, la guerre est relancée, celle qui oppose les vilains mangeurs de foie gras gavés par des éleveurs tortionnaires et  quelques bons samaritains de la cause animale qui ne se réveillent que pour la fête des canards et plus tard, celle du mouton, montrant ainsi une sélectivité très sélective dans leurs indignations concernant la cause animale et leur combat de ce qu'ils appellent le "spécisme". Spéciste, c'est comme capitaliste, alcoolique ou bourgeois, une catégorie que les autres fabriquent pour toi et à laquelle tu appartiens sans avoir pris un ticket, un peu comme un groupe facebook ouske on t'ajoute à l'insu de ton plein gré.

Je dois dire que ce momentum – d’autant que participant à diverses émissions où l’on parle du foie gras, je récolte mon quota d’insultes pas si virtuelles que ça à droite et à gauche – me gave de plus en plus, et pourtant, je ne me sens en rien un extrémiste pro foie gras, mais en rien, même que cette année, je ne dois pas encore être à 50 g sur mon mois de décembre, et de fait, je n'ai envie de défendre éventuellement cette filière que si - et seulement si - elle est répond aux mêmes critères que ceux qui m'animent pour toute la bouffe, et plus particulièrement tous les animaux d'élevage.

Non, ce qui me gave, bis repetita, c’est cette hystérie monomaniaque sur le foie gras, hystérie basée le plus souvent sur des considérations anthropomorphiques liée à la pratique du gavage en tant que telle, sans considération pour le type d’élevage et/ou de gavage.

Or, les défis en matières d’animaux d’élevage sont beaucoup plus larges, tant pour notre planète que pour notre alimentation. Le vrai défi, c’est de manger tous (enfin tous les omnivores)  moins de viande provenant d’animaux élevés, nourris et abattus dans les meilleures conditions pour eux, qui, souvent sont synonymes de meilleure qualité pour nous.

Alors, les anthropomorphistes peuvent continuer à souhaiter aux humains mangeurs de foie  (qui, à la différence des canards, n’ont pas de jabot) de se faire gaver « pour voir comment c’est » ; en attendant, ils ne font pas grand-chose pour faire avance ce défi majeur, celui d’un élevage responsable et durable de tous les animaux destinés à la consommation humaine! C’est pourtant bien là qu'une révolution des consciences est plus que nécessaire et urgente.

La guerre du foie ne m'intéresse pas des tonnes, je préfère celle du bon et du propre, que ce soit le veau, les vaches, les cochons, ou même les canards.

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